Les inscriptions sont ouvertes jusqu'au mardi 6 octobre, 23h59 Découvrir l'offre →
← Les lectures du Maverick Signal
Lecture d'actif 11 min de lecture

S&P 500 : où en est le cycle

Le S&P 500 enchaîne les records vers 7 800 points et les grandes maisons visent 8 000. Sept sociétés pèsent un tiers de l'indice, la valorisation n'a été vue qu'en 1999-2000, et le Maverick Signal mesure une surextension sur les trois horizons. Ma lecture du cycle, et ce que j'attends.


L’essentiel en trois points

  • Le S&P 500 a signé une nouvelle clôture record le 13 août, à 7 804 points, après vingt-cinq clôtures record comptées entre janvier et début août. Il gagne +13,4 % en 2026, et les objectifs des grandes banques s’échelonnent de 7 100 à 8 150 points : le cap symbolique des 8 000 est à 2,5 %.
  • Sept sociétés pèsent un tiers de l’indice, toutes engagées dans le pari de l’intelligence artificielle. Mais le moteur de 2026 s’est déplacé : l’énergie et les industriels mènent, et les sept, prises ensemble, font moins bien que l’indice qu’elles dominent.
  • Le Maverick Signal mesure une surextension simultanée sur les trois horizons. La méthode ne varie pas : un marché haussier se conserve, mais à ce niveau de tension il ne se renforce plus. L’histoire de l’indice montre qu’une fenêtre d’achat revient environ tous les trois à cinq ans.
7 804 ptsRecord du 13 août
+118 %Depuis octobre 2022
33,8 %Le poids des 7 premières

Les chiffres qui comptent

RepèreValeur
Dernière clôture record7 804 points, le 13 août 2026
Performance 2026+13,4 % (prix, hors dividendes)
Correction de l’annéeenviron −9 %, du plus haut de janvier (7 002 points en séance) à la clôture du 30 mars
Gain depuis le creux d’octobre 2022+118 % en 46 mois
P/E prévisionnel20,0, contre 19,0 de moyenne sur dix ans
CAPE de Shillerenviron 41, un niveau atteint uniquement en 1999-2000
Taux directeur de la Fed3,50 à 3,75 %, cinquième réunion consécutive sans changement
Inflation américaine de juillet+3,4 % sur un an
Rendement du 10 ans américain4,65 %
Sentiment des particuliers américains37,9 % de baissiers contre 34,7 % de haussiers

Tout se vérifie sans outil particulier : un graphique public, les publications officielles, les liens du tableau. Le reste de l’article met ces chiffres dans l’ordre.

Un marché que plus rien ne semble perturber

Depuis le printemps 2025, tout ce qui aurait pu faire dérailler la bourse américaine s’est produit. Aucun de ces chocs n’a duré.

ChocDateBaisse du S&P 500Retour au record
Droits de douane généralisésavril 2025−18,9 %fin juin 2025, onze semaines après le creux
Blocage budgétaire fédéral de 43 jours, le plus long de l’histoireoct.-nov. 2025aucune : l’indice a gagné environ 2 % pendantsans objet
Guerre États-Unis-Iran, pétrole au-dessus de 100 $mars 2026environ −9 %mi-avril 2026, deux semaines et demie après le creux
Yen au plus bas de 40 ans, intervention coordonnée de Washington et Tokyoaoût 2026aucune : record en séance le 11 aoûtsans objet

Le dernier épisode mérite une ligne de plus, parce qu’il est passé presque inaperçu. Début août, les États-Unis sont intervenus aux côtés du Japon pour soutenir un yen tombé à son plus bas de quarante ans. Au premier trimestre, Tokyo avait vendu quelque 30 milliards de dollars de bons du Trésor américain, son rythme le plus rapide depuis quatre ans. Ce genre de mécanique monétaire a déjà secoué les marchés par le passé. Cette fois, la bourse américaine a signé un record en séance pendant l’opération.

Cette solidité est un fait, et il faut la respecter. Il faut aussi la nommer pour ce qu’elle est : c’est précisément dans ces périodes où plus rien ne semble pouvoir faire baisser le marché que les excès de confiance se construisent.

Ce que disent les cycles précédents

ÉpisodeSommet → creuxAmplitudeTemps pour revoir le sommet
Bulle internetmars 2000 → octobre 2002−49 %7 ans, et 13 ans pour le dépasser durablement
Crise de 2008octobre 2007 → mars 2009−57 %5 ans et demi
Covidfévrier → mars 2020−34 %6 mois
Resserrement monétairejanvier → octobre 2022−25 %2 ans

Deux enseignements. D’abord, les deux seules purges profondes de l’ère moderne, 2000 et 2008, ont été des dégonflements de bulle : un marché qui s’était payé beaucoup trop cher est revenu à la raison, et il a fallu des années pour s’en remettre. Ensuite, depuis 2009, les baisses sont devenues plus courtes et moins profondes : la liquidité mondiale rattrape le marché de plus en plus vite.

Le S&P 500 en mensuel depuis 1996 avec le Maverick Signal : la bulle internet et la crise de 2008 annotées, les signaux d'accumulation posés dans les creux, les prises de profits aux sommets, et la surextension actuelle à 86 % au-dessus de la tendance

Le graphique mensuel raconte la version complète. Les deux bulles sont annotées, et dans les creux qui les ont suivies, 2002-2003 et 2008-2009, l’indicateur a ouvert ses zones d’accumulation, les Zones Or marquées par les sacs de billets sur le graphique. C’est à ça que sert l’horizon mensuel : il parle rarement, mais quand une Zone Or s’y ouvre, c’est là que se construisent les positions de long terme, celles qu’on garde des années. Une zone de ce calibre finira par revenir, c’est le propre des cycles ; personne ne peut dire quand.

De quoi l’indice est fait aujourd’hui

Avant de parler de la suite, il faut regarder ce qu’on achète réellement quand on achète « le marché américain » en 2026.

Le poids des sept premières capitalisations dans le S&P 500 en juin 2026 : Nvidia 7,4 %, Apple 6,7 %, Amazon 6,7 %, Microsoft 4,6 %, Alphabet 3,9 %, Meta 2,2 %, Tesla 2,2 %, soit un tiers de l'indice, contre 66,2 % pour les 493 autres

Sept sociétés concentrent un tiers de l’indice, et toutes ont fait de l’intelligence artificielle leur pari central. Les géants du cloud prévoient entre 700 et 900 milliards de dollars d’investissements en 2026, en hausse d’environ 36 % sur un an. Et le marché commence à demander des comptes : fin juillet, Alphabet a relevé son budget à 175-205 milliards, et son action a perdu 7 % le lendemain, entraînant les autres. Dépenser ne suffit plus, il faudra prouver que ces milliards rapportent.

Voici ce que font ces sept valeurs en 2026, au 13 août :

SociétéPerformance 2026
Nvidia+20,8 %
Amazon+14,9 %
Apple+12,3 %
Alphabet+10,7 %
Microsoft+2,7 %
Meta−9,9 %
Tesla−24,4 %

Prises ensemble et pondérées par leur taille, les sept faisaient +5,5 % à la mi-juillet quand l’indice faisait +10,6 % : elles sont en route vers leur pire année relative depuis 2022. Le marché de 2026 monte grâce à l’énergie, aux industriels et aux semi-conducteurs, pendant que trois des sept anciennes locomotives calent. Cet élargissement est plutôt sain. Mais le fond ne change pas : un tiers de votre indice repose sur un seul pari technologique, valorisé par un CAPE de Shiller à 41 que seule la bulle internet a dépassé.

Ma lecture : le toujours plus, et la fenêtre d’après

Les stratèges de Wall Street visent entre 7 100 et 8 150 points pour la fin d’année, avec Goldman Sachs, JPMorgan et Deutsche Bank exactement à 8 000. La dynamique actuelle peut tout à fait y mener : les bénéfices du deuxième trimestre ont battu les attentes dans 86 % des cas, et rien dans les flux n’indique un retournement imminent.

Ma conviction : les 8 000 points sont atteignables, mais ce marché se paie aujourd’hui au prix des grandes euphories, et un jour ce trop-plein devra dégonfler. Le prix reviendra alors chercher le bas de son canal de long terme, et cette fenêtre-là sera la prochaine grande opportunité d’accumulation.

Cette mécanique, le graphique hebdomadaire la documente depuis bientôt vingt ans. Chaque retour du prix vers le bas du canal a ouvert une zone d’accumulation, matérialisée par les sacs de billets que l’indicateur pose sur le graphique : 2008-2009, 2010-2011, 2015-2016, 2018, 2020, 2022. Une fenêtre d’achat s’est présentée environ tous les trois à cinq ans, y compris dans un marché qui ne fait que monter. Le dernier grand marché baissier, celui de 2022, a duré plus d’un an. Et la dernière visite du bas du canal est plus récente : avril 2025, en pleine tempête des droits de douane.

Le S&P 500 en hebdomadaire depuis 2007 avec le Maverick Signal : la zone d'accumulation ouverte en 2009, les grappes de signaux d'accumulation à chaque retour vers le bas du canal, et les prises de profits qui jalonnent la montée jusqu'au record actuel

Ce qui peut faire mentir cette lecture

Le dégonflement peut se faire par le temps, pas par le prix. Le consensus attend +30 % de bénéfices en 2026, puis +13,6 % en 2027. Le premier chiffre est gonflé par des effets exceptionnels chez Alphabet et Amazon, le consensus d’avant-année visait +15 %, mais l’ordre de grandeur reste solide. Si les profits montent plus vite que les cours pendant quelques années, la cherté se résorbe sans krach. C’est le scénario le plus favorable, et il s’est déjà vu.

La surextension peut durer. Un prix à 86 % au-dessus de sa tendance mensuelle est un état, pas un compte à rebours. Le marché était déjà tendu en 2021 et il a continué de monter des mois durant.

Le point de départ du repli est inconnaissable. 8 000, 8 500, plus haut encore. Celui qui vend tout aujourd’hui pour attendre le creux peut attendre longtemps, et rater la fin de la hausse. C’est exactement ce que la méthode refuse : deviner une date.

Les rendez-vous qui restent en 2026

La frise des rendez-vous de fin 2026 pour le S&P 500 : résultats Nvidia fin août, réunions de la Fed les 15-16 septembre, 27-28 octobre et 8-9 décembre, et élections de mi-mandat le 3 novembre

Fin août : les résultats de Nvidia, devenus le juge de paix du débat sur la bulle IA. Le dernier rapport affichait 81,6 milliards de dollars de chiffre d’affaires trimestriel, en hausse de 85 %.

15-16 septembre, 27-28 octobre, 8-9 décembre : les trois dernières réunions de la Fed. La particularité de 2026 : trois membres ont voté en juillet pour une hausse des taux, une première depuis 2016. Fin juillet, les marchés de taux intégraient encore deux hausses d’ici la fin de l’année, avant que le rapport d’inflation du 12 août ne réduise cette probabilité. Le marché actions, lui, se comporte à ces niveaux de valorisation comme si le sujet était clos.

3 novembre : les élections de mi-mandat. La Chambre compte 220 républicains contre 215 démocrates, la marge la plus étroite depuis 1930 : trois sièges nets suffiraient à la faire basculer. L’impact attendu porte davantage sur les secteurs, via la fiscalité et la régulation, que sur l’indice entier.

Comment le Maverick Signal lit cette configuration

Tout ce que cet article a établi en chiffres, l’indicateur le condense en un état par horizon, consultable en partie sur notre Radar. Relevé sur les graphiques du 14 août :

HorizonÉtatPosition du prix face à sa tendanceScore sommet
MensuelPrix en surextension86,1 % au-dessus55/100
HebdomadairePrix en surextension26,4 % au-dessus35/100
3 joursPrix en surextension17,8 % au-dessus25/100

Concrètement : sur chaque échelle de temps, le prix est nettement au-dessus de sa propre tendance, et le long terme est l’horizon le plus tendu. Le score sommet compte les signes de fin de cycle qui s’accumulent : à 55/100 sur le mensuel, la tension est réelle sans être extrême. L’indicateur a d’ailleurs posé une prise de profits juste sous le record, et son tableau de bord mesure, sur les dix dernières années en mensuel, 506 % pour la stratégie qui suit le canal contre 260 % pour l’achat simple. Il mesure une tension, sans prétendre dater le retournement : plus elle est haute, moins il reste de carburant, et plus la prochaine normalisation a de chances d’être brutale.

Le S&P 500 en 3 jours depuis 2020 avec le Maverick Signal : le canal haussier qui porte le prix, les prises de profits posées aux sommets dont la dernière juste sous le record, et les signaux d'accumulation déclenchés dans les replis de 2025 et 2026

La lecture : du fondamental au prix

Le fondamental est réel : des bénéfices records, une économie qui absorbe les chocs les uns après les autres, un indice porté par davantage de secteurs qu’avant.

Le prix a déjà payé tout cela, et au-delà : une valorisation vue uniquement pendant la bulle internet, un tiers de l’indice concentré sur un seul pari, et une banque centrale qui parle de remonter ses taux.

Entre les deux, le Maverick Signal mesure l’écart : surextension sur les trois horizons. La conclusion pratique ne change pas depuis vingt ans de graphiques : un marché haussier se conserve, on arrête de le pourchasser quand il est tendu, et on prépare la liste de courses pour la prochaine fenêtre. Elle se reconnaîtra, elle ne se devinera pas.


Cette analyse est publiée à titre informatif et pédagogique. Elle ne constitue ni un conseil en investissement personnalisé, ni une recommandation d’achat ou de vente. Elle présente une lecture de cycle qui peut ne pas se réaliser. Tout investissement comporte un risque de perte en capital. Les états du Maverick Signal sont relevés sur les graphiques du 14 août 2026, les prix et données de marché datent du 13 et du 14 août 2026.

Cette analyse est fournie à titre informatif et pédagogique. Elle ne constitue pas un conseil en investissement ni une recommandation d'achat ou de vente. Investir comporte des risques de perte en capital.

Aller plus loin

Vous voulez voir comment j'investis, concrètement ?

Cet article donne la lecture. Les membres de Maverick Invest voient l'application : mon portefeuille complet et chacun de mes mouvements, la façon dont je prépare le prochain cycle crypto, deux lives d'analyse par mois avec leurs replays, le Maverick Signal sur TradingView et toute la plateforme.