Ethereum cote 1 875 $, à 62 % sous son sommet, pendant que BlackRock, Coinbase, Circle et la chambre forte de Wall Street construisent sur son réseau. La thèse d'un prochain cycle institutionnel, les chiffres qui la soutiennent, et ce qui peut la faire échouer.
L’essentiel en trois points
Ethereum cote 1 875 $, à 62,2 % sous son sommet de 4 956 $ d’août 2025, et à −36,9 % depuis le 1er janvier. Le plafond posé en novembre 2021 n’a jamais été durablement dépassé.
Pendant que le prix baisse, la finance traditionnelle construit sur le réseau : Ethereum porte 17,5 milliards de dollars d’actifs réels tokenisés, premier rang mondial, et la chambre forte de Wall Street teste sa plateforme de titres tokenisés sur un logiciel compatible Ethereum.
La thèse défendue ici : le prochain cycle d’Ethereum sera institutionnel, et il se lira dans le ratio ETH/BTC. Le Maverick Signal classe déjà ce ratio en retournement naissant, 27,8 % sous sa tendance de long terme.
Tout se vérifie sans outil particulier : un graphique public, les données du réseau, un site de capitalisation. Les liens du tableau mènent aux sources. Le reste de l’article met ces chiffres dans l’ordre.
Le plafond de 2021, le point de départ obligatoire
Cycle
Sommet
Plus bas suivant
Amplitude
2018
~1 400 $ (janv. 2018)
~83 $ (déc. 2018)
−94 %
2021 → 2022
4 864 $ (nov. 2021)
883 $ (juin 2022)
−81,8 %
2025 → 2026
4 956 $ (août 2025)
1 507 $ (juin 2026, cycle en cours)
−69,6 % à ce jour
Comme pour Bitcoin, chaque baisse est moins violente que la précédente : 94 %, puis 82 %, puis 70 %. Le cycle en cours n’étant pas terminé, ce dernier chiffre reste provisoire.
Un second chiffre raconte une histoire différente.
Le sommet de novembre 2021 était à 4 864 $. Celui d’août 2025 est monté à 4 956 $. Soit 1,9 % de plus, en trois ans et neuf mois.
Ethereum n’a donc pas fait de nouveau cycle au sens où on l’entend depuis 2017. Il a oscillé, largement, entre 880 et 5 000 dollars, sans jamais franchir durablement le plafond posé en 2021.
La conséquence se mesure directement. Quatre ans et neuf mois après le sommet de novembre 2021, quelqu’un qui aurait acheté au plus haut serait aujourd’hui à −61,5 % sur Ethereum et à −8,7 % sur Bitcoin. Même date d’entrée, même date de mesure.
Tout investisseur qui regarde Ethereum doit partir de ce constat. La suite de l’article explique pourquoi je pense que le prochain cycle peut être différent, et à quelle condition.
Le ratio face à Bitcoin, l’instrument de mesure
Le ratio ETH/BTC mesure combien de bitcoins vaut un ether. Il monte quand Ethereum fait mieux que Bitcoin. C’est lui qui dira si un nouveau cycle Ethereum commence, et voici ce qu’il donne selon la durée observée, sur les clôtures quotidiennes.
Horizon
Variation du ratio ETH/BTC
7 jours
+0,4 %
30 jours
+4,0 %
90 jours
+5,3 %
180 jours
−0,4 %
Sur trois mois, Ethereum reprend 5,3 % à Bitcoin. Sur six mois, rien. Le mouvement est réel et il est jeune : il date du creux de juin.
Le graphique montre un détail qui compte : le creux de juin 2026 (0,0263) s’est formé au-dessus de celui d’avril 2025 (0,0186). C’est le premier creux ascendant du ratio depuis des années. Un seul creux ne fait pas une tendance, mais c’est comme ça qu’elles commencent. La dominance de Bitcoin confirme le déplacement : 60,7 % fin avril, 56,2 % aujourd’hui.
Le Maverick Signal lit ce même ratio en mensuel, et sa lecture tient en une ligne de tableau : sous-évalué de 27,8 % par rapport à sa tendance de long terme, avec un retournement naissant. Les signaux d’accumulation posés sur les plus bas récents se voient sur le graphique.
Une précision d’honnêteté : à 0,0298, le ratio reste 27 % sous son niveau d’il y a un an. Un retournement naissant n’est pas un retournement confirmé. La question est donc de savoir ce qui pourrait le confirmer, et c’est là que la thèse commence.
Ma thèse : le prochain cycle sera institutionnel
Les cycles précédents d’Ethereum ont été portés par des vagues venues de l’intérieur du marché crypto : la spéculation des ICO en 2017, la DeFi et les NFT en 2021. Ma conviction est que la prochaine vague ne viendra pas de la crypto, mais de la finance traditionnelle qui s’installe sur le réseau, et que ce mouvement finira par se lire dans le ratio ETH/BTC. Voici les faits sur lesquels elle repose, tous vérifiables et datés.
Les rails sont déjà choisis. Les actifs réels tokenisés, c’est-à-dire des bons du Trésor, du crédit, de l’or ou des actions transformés en jetons, représentent 38,3 milliards de dollars hors stablecoins au 14 août, contre une trentaine en mai. Ethereum en porte 17,5 milliards, soit 46 % du marché mondial, trois fois plus que son premier concurrent. Selon les périmètres de calcul, sa part va de 46 à 57 %, et il est premier dans tous les cas.
Le réservoir au-dessus est sans commune mesure. La DTCC, la chambre forte de la bourse américaine, conserve plus de 114 000 milliards de dollars de titres. Depuis une autorisation de la SEC obtenue fin 2025, elle teste la tokenisation des mille actions du Russell 1000, des grands ETF et des bons du Trésor : les premières transactions réelles tournent depuis juillet, le lancement commercial est annoncé pour octobre, avec plus de cinquante institutions autour de la table, de BlackRock à Goldman Sachs. Sa chaîne d’exécution est un réseau privé construit avec un logiciel compatible Ethereum. Les 38 milliards actuels représentent 0,03 % de ce réservoir : la vanne est entrouverte, elle n’est pas ouverte.
Un triangle s’est formé au-dessus du réseau. Trois acteurs occupent chacun une fonction que les autres ne peuvent pas remplir : les rails, le pont entre les deux mondes, et le dollar numérique qui y circule. Et le même géant se trouve au centre des trois.
Les chiffres derrière chaque sommet du triangle, tous vérifiés au 14 août :
Acteur
Rôle
Les chiffres qui comptent
Ethereum
Les rails
17,5 Md$ d’actifs réels tokenisés, premier réseau mondial
Coinbase
Le pont
Gardien des bitcoins de l’ETF IBIT, le plus gros du monde ; environ 908 M$ touchés sur les réserves de l’USDC en 2024 ; sa blockchain Base se règle sur Ethereum
Circle
L’argent
USDC : 73 Md$ en circulation, environ 70 % du volume ajusté des stablecoins au 1er semestre 2026 ; son fonds monétaire tokenisé USYC dépasse 3 Md$
BlackRock
Au centre
BUIDL lancé d’abord sur Ethereum : 2,7 Md$ et plus de 100 M$ de revenus distribués ; plus de 80 % des réserves de l’USDC gérées dans ses fonds ; actionnaire de Circle
Le 5 août, Coinbase et Circle ont reconduit leur accord de partage des revenus de l’USDC jusqu’en 2029, aux mêmes termes. Le triangle s’est resserré au moment même où le marché doutait de lui.
La clé est réglementaire, et elle a une date. Le CLARITY Act, adopté par la Chambre des représentants en juillet 2025 par 294 voix contre 134 dont plus de 70 démocrates, donnerait à la crypto américaine son premier cadre fédéral complet. D’après les analyses concordantes du texte sénatorial, Ethereum y figure nommément parmi les actifs classés « digital commodities », supervisés par le régulateur des matières premières et non par le gendarme boursier. Le Sénat a ajourné sans voter début août : il revient le 14 septembre, et le premier vote de procédure est calé au 15 septembre. Il faut 60 voix, donc au moins sept démocrates, et sept sénateurs démocrates négocient précisément le texte. La loi jumelle sur les stablecoins, le GENIUS Act, est déjà signée depuis juillet 2025 : c’est le cadre dans lequel Circle opère.
Si ce texte passe, les caisses de retraite, les assureurs et les trésoriers d’entreprise auront un statut juridique clair pour toucher au réseau qui porte déjà leurs actifs tokenisés. C’est ça, un cycle institutionnel : pas des particuliers qui spéculent, des bilans qui s’installent.
Ce qui peut faire échouer cette thèse
Une conviction sans ses contre-arguments est un discours de vente. En voici quatre, et ils sont sérieux.
Le texte n’est pas voté. Les 60 voix ne sont pas acquises, plusieurs démocrates s’opposent frontalement au texte, et la fenêtre de septembre est étroite avant que les élections de mi-mandat n’aspirent tout le calendrier. Un échec repousserait la thèse d’un an au moins.
Le triangle se concurrence lui-même. Coinbase, BlackRock et Visa soutiennent Open USD, un consortium de plus de 140 acteurs qui porte un stablecoin rival de l’USDC. L’action Circle a chuté à l’annonce. L’alignement parfait n’existe pas.
Ethereum n’a pas de monopole. Le fonds monétaire tokenisé de Circle a migré à 95 % vers une chaîne concurrente, et l’avance d’Ethereum sur son premier poursuivant est passée de 4,5 fois à 3 fois en deux mois. La plateforme de la DTCC est conçue pour parler à plusieurs réseaux. Les rails dominants ne sont pas les rails exclusifs.
Un réseau qui gagne ne fait pas mécaniquement un actif qui monte. C’est la leçon des quatre dernières années, et cet article l’a montrée : l’usage a progressé pendant tout le plafond de 2021. Depuis la mise à jour Fusaka de décembre 2025, les frais sont plus bas et le réseau est redevenu légèrement inflationniste, de l’ordre de 0,8 % par an : l’activité ne raréfie plus l’actif comme avant. Pour que la thèse fonctionne, il faudra que la demande institutionnelle d’ETH comme collatéral et comme réserve dépasse cette dilution. C’est plausible, ce n’est pas garanti.
Le réseau aujourd’hui, en trois faits
Environ 34 % de l’offre est immobilisée en staking, soit 41,4 millions d’ETH, un record, avec une file d’attente d’entrée d’environ six semaines. Cette offre est retirée de la circulation, sans que cela ait empêché la baisse de 62 %. Le détail se suit sur le tableau de bord de référence de Dune.
La valeur bloquée en DeFi est stable, à 41,0 milliards de dollars (+0,4 % sur trente jours). L’usage tient, il n’accélère plus depuis un mois.
Les ETF Ethereum collectent toujours. Cinq semaines consécutives d’entrées début août, +365 millions de dollars sur juillet, le détail se suit sur le tableau de Farside. Les ETF Bitcoin sortent d’un premier semestre à −5,4 milliards : sur l’année, les deux trajectoires divergent nettement.
Les niveaux qui structurent le cycle
2 000 $ : sous ce seuil, le prix est dans sa région basse historique récente. À 1 875 $, c’est le cas.
1 507 $ : le plus bas atteint à ce jour, touché en juin 2026 et retesté à 1 553 $ en juillet. Ce niveau définit la structure actuelle. S’il cédait, la zone basse resterait valide mais s’étendrait vers le repère suivant.
1 388 $ : le creux d’avril 2025. En dessous, le prix retomberait dans la fourchette de 2022 et 2023, et toute la lecture de ce cycle serait à reprendre, thèse comprise.
Comment le Maverick Signal lit cette configuration
Suivre le plafond de 2021, le ratio sur quatre horizons, les niveaux du cycle et l’avancement de la thèse institutionnelle demande du temps et de la régularité. Le Maverick Signal condense cette lecture en un état par horizon, recalculé en continu, dont l’essentiel se consulte librement sur notre Radar. Voici le sien, relevé le 10 août sur le prix et le 14 août sur le ratio.
Lecture
État
Position face à la tendance
Ethereum en mensuel
Zone d’accumulation active
16,1 % en dessous
Ethereum en hebdomadaire
Environnement défavorable
19,9 % en dessous
Ratio ETH/BTC en mensuel
Se retourne
27,8 % en dessous
Concrètement : sur le cycle long, l’indicateur classe le prix d’Ethereum en zone basse et dépréciée, celle qu’il appelle Zone Or, où se construisent les positions de long terme. Le moyen terme n’a rien validé. Et sur le ratio face à Bitcoin, il voit un actif sous-évalué de 27,8 % par rapport à sa propre histoire, avec un retournement qui commence. C’est la traduction en trois états de tout ce que cet article a établi en chiffres.
La lecture : du fondamental au prix
Le réseau est en train de gagner la bataille institutionnelle : premier sur les actifs tokenisés, choisi par BlackRock pour son premier fonds on-chain, compatible avec la future plomberie de la DTCC.
L’actif n’a encore rien prouvé : 62 % sous son sommet, un plafond intact depuis 2021, et une dilution structurelle depuis Fusaka.
Entre les deux, le ratio ETH/BTC est l’instrument de mesure. Il a fait son premier creux ascendant depuis des années, il reprend du terrain sur trois mois, et le Maverick Signal le classe en retournement naissant, très en dessous de sa tendance. Si le cycle institutionnel que j’anticipe se matérialise, avec le CLARITY Act comme premier déclencheur possible dès la mi-septembre, c’est cette courbe qui le dira, bien avant les gros titres.
En attendant, la méthode ne change pas : Ethereum est en zone d’accumulation de long terme sur son horizon mensuel, la zone se travaille progressivement, et le calendrier ne se devine pas. Une thèse s’accumule tant qu’elle est bon marché, elle ne se pourchasse pas une fois confirmée.
Cette analyse est publiée à titre informatif et pédagogique. Elle ne constitue ni un conseil en investissement personnalisé, ni une recommandation d’achat ou de vente. Elle présente une thèse d’investissement qui peut ne pas se réaliser. Tout investissement comporte un risque de perte en capital, particulièrement élevé sur les crypto-actifs. Les états du Maverick Signal cités sont relevés les 10 et 14 août 2026, les prix et données de marché le 14 août 2026.
Mis à jour le 14 août 2026.
Cette analyse est fournie à titre informatif et pédagogique. Elle ne
constitue pas un conseil en investissement ni une recommandation d'achat
ou de vente. Investir comporte des risques de perte en capital.
Cet article donne la lecture. Les membres de Maverick Invest voient
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