L’essentiel en trois points
- Bitcoin cote 64 011 $, à 49,3 % sous son sommet historique de 126 200 $ atteint en octobre 2025, et à −27 % depuis le 1er janvier.
- Le prix est revenu sous le sommet du cycle précédent, les 69 000 $ de novembre 2021. Trois méthodes de calcul indépendantes situent la région basse de ce cycle entre 64 000 et 52 000 $, et le prix vient d’y entrer par le haut.
- Le Maverick Signal résume cette configuration en un état : zone d’accumulation active en hebdomadaire depuis le 31 juillet, dans un cycle long qui n’a pas encore tourné.
64 011 $Prix au 11 août
−49,3 %Depuis le sommet
64 à 54 k$Zone d'accumulation
Les chiffres qui comptent
Chacun de ces chiffres se vérifie sans aucun outil particulier : un graphique public, les données de la chaîne, un site de capitalisation. Les liens du tableau mènent aux sources. Le reste de l’article met ces chiffres dans l’ordre.
Ce que disent vraiment les cycles précédents
Bitcoin a connu deux grandes descentes complètes depuis 2013, et il est dans la troisième. La dernière colonne du tableau situe chaque creux par rapport au sommet du cycle d’avant, ce qui est rarement fait et change la lecture.
| Cycle | Sommet | Plus bas suivant | Amplitude | Situation vs sommet du cycle d’avant |
|---|
| 2017 → 2018 | 19 800 $ | 3 200 $ (déc. 2018) | −84 % | 175 % au-dessus (1 163 $ en 2013) |
| 2021 → 2022 | 69 000 $ | 15 500 $ (nov. 2022) | −77,5 % | 21,7 % en dessous (19 800 $ en 2017) |
| 2025 → 2026 | 126 200 $ | 57 800 $ (juil. 2026, cycle en cours) | −54,2 % à ce jour | 16,2 % en dessous (69 000 $ en 2021) |
Deux enseignements en sortent.
Chaque baisse est moins violente que la précédente. De 84 %, puis 77,5 %, à 54 % jusqu’ici. Le cycle en cours n’est pas terminé, donc ce dernier chiffre peut encore s’alourdir.
Le sommet du cycle précédent n’agit pas toujours dans le même sens. On lit souvent que le prix vient systématiquement le chercher par en dessous. Les deux cycles achevés du tableau disent l’inverse : en 2018, le creux s’est formé très au-dessus du sommet de 2013, et il a fallu attendre 2022 pour voir un creux passer sous le sommet précédent, de 21,7 %.
Aujourd’hui, le plus bas de juillet est 16,2 % sous les 69 000 $ de 2021. La configuration se rapproche de celle de 2022 plus que de celle de 2018. Le seul précédent comparable est donc aussi le plus sévère des deux : il fournit une borne basse plausible, pas un objectif de baisse.

Une même zone, par trois chemins indépendants
Trois calculs qui n’ont aucun rapport entre eux délimitent la région basse de ce cycle. Les deux premiers sont à la portée de n’importe quel investisseur.
L’historique des cycles donne 54 000 $. Reproduire la seule descente passée sous le sommet précédent, celle de 2022, soit 21,7 % sous 69 000 $, mène à 54 015 $.
Les données de la chaîne donnent environ 52 300 $. C’est le prix d’achat moyen de l’ensemble des bitcoins détenus, publié par les fournisseurs de données on-chain. Le prix actuel est 22 % au-dessus, donc le détenteur moyen reste en profit latent. Lors des grandes phases de creux passées, de 2015 à 2022, ce niveau a régulièrement été franchi vers le bas avant que le point bas ne se forme.
La méthode Maverick trace une zone de 64 000 à 54 000 $. C’est la zone visible sur les graphiques de cet article, dérivée de la structure du marché et de la position du prix face à sa tendance longue. Sa borne basse tombe sur le chiffre de l’historique, à quinze dollars près.
Le graphique ci-dessous superpose les trois repères sur trois ans de clôtures hebdomadaires.

Trois logiques différentes, une même région entre 64 000 et 52 000 $. À 64 011 $, le prix vient d’entrer par le haut dans cette zone. Cela ne dit ni qu’il descendra la traverser, ni quand il en sortira. Cela dit que c’est ici que l’histoire, les données de détention et la structure de marché se rejoignent, et c’est précisément ce qu’on demande à une zone d’accumulation de long terme.
Où va réellement l’argent
Deux chiffres se contredisent en apparence.
Les ETF au comptant ont connu leur meilleure semaine depuis avril. Du 3 au 7 août, 853 millions de dollars sont entrés, dont 81 % via le seul fonds de BlackRock. Aucune journée de sortie sur le mois. Le détail se suit jour par jour sur le tableau des flux de Farside.
Mais 2026 reste une année de sorties. Le premier semestre a enregistré 5,4 milliards de dollars de retraits nets, le premier semestre négatif depuis la création de ces produits en 2024. Le seul mois de juin en concentre 4,5 milliards, le pire mois de leur histoire. Les flux sont repassés positifs en juillet puis en août, mais le cumul de l’année reste largement négatif.
Un seul mois a donc fait presque tous les dégâts, et la collecte a repris depuis. Cela ne compense pas encore ce qui est sorti.
La dominance de Bitcoin recule, et il faut la lire sur la bonne durée. Sur les sept derniers jours, elle est stable. Cette stabilité de court terme masque le mouvement de fond : la dominance est passée de 60,7 % fin avril à 56,5 % au 11 août, soit quatre points perdus en trois mois et demi. Les capitaux se déplacent vers Ethereum et le reste du marché. Sur le seul mois de juillet, Ethereum a pris 18,4 % quand Bitcoin gagnait 7,3 %.
La même histoire se lit sur le graphique de la dominance en hebdomadaire, ici avec le Maverick Signal appliqué à l’indice de TradingView. Précision utile pour comparer : cet indice la mesure sur un périmètre plus étroit, d’où un niveau de 59,1 % contre 56,5 % pour la mesure qui inclut les stablecoins. Le niveau dépend du périmètre retenu, la tendance est identique.

Ce que montre ce graphique : la longue montée de la dominance entamée en 2023 s’est inversée. L’indicateur a signalé des prises de profits près du sommet, puis a basculé la tendance de fond de la dominance en environnement défavorable. Depuis le réveil d’Ethereum en juin, elle a cessé de monter et se stabilise. Une dominance qui plafonne pendant que le marché tient, c’est un marché qui recommence à regarder au-delà de Bitcoin.
De l’argent extérieur entre bien sur le marché, les entrées ETF le prouvent. Mais les stablecoins, qui servent de réservoir de liquidités à l’intérieur de l’écosystème, reculent de 1,4 % sur trente jours. La rotation de Bitcoin vers le reste du marché se fait donc largement à masse constante, avec le même argent qui se redistribue. Ce type de mouvement modifie les prix relatifs entre actifs sans alimenter un nouveau cycle.
Le contexte macro
L’économie américaine ralentit sans s’effondrer : croissance à 1,5 % au deuxième trimestre, inflation redescendue à 3,5 % pour la première fois depuis plusieurs mois, chômage à 4,1 % malgré des destructions d’emplois en juillet.
La Fed maintient ses taux à 3,75 % depuis décembre 2025 et ne signale aucune baisse prochaine, avec des dissensions internes inhabituelles. Cette incertitude compte pour Bitcoin, l’actif le plus sensible aux conditions de liquidité.
Le contraste avec les actions est net : le S&P 500 est à +13,7 % depuis janvier, sur ses records. La crypto est la seule grande famille d’actifs en environnement baissier. Cet état des marchés, famille par famille, se consulte librement sur notre Radar, mis à jour chaque matin.
Tout ce qui précède demande de suivre plusieurs sources et de refaire les calculs régulièrement. Le Maverick Signal condense cette lecture en un état par horizon de temps, recalculé en continu. Voici le sien au 11 août.
| Horizon | État | Position du prix face à sa tendance |
|---|
| Hebdomadaire | Zone d’accumulation active | 18 % en dessous |
| Mensuel | Consolidation, indécision | Collé à sa moyenne longue |
Concrètement : sur l’horizon hebdomadaire, l’indicateur constate un environnement de fond baissier dans lequel le prix est descendu dans une zone basse et dépréciée, 18 % sous sa propre tendance. C’est cet ensemble de conditions qu’il appelle Zone Or, l’état où se construisent les positions de long terme, et il l’affiche depuis le 31 juillet. La zone de 64 000 à 54 000 $ décrite plus haut en est la traduction en niveaux de prix.
Sur l’horizon mensuel, celui qui décide de la couleur d’un cycle entier, rien n’est encore validé : le prix est revenu se coller à sa moyenne de long terme et l’alignement des tendances reste orienté à la baisse. Autrement dit, l’indicateur dit la même chose que les cycles passés et les données de la chaîne, avec un mot chacun : accumulation sur l’horizon intermédiaire, patience sur le cycle long.

La lecture : du fondamental au prix
Le fondamental s’améliore lentement. L’amplitude des baisses se réduit de cycle en cycle et les flux ETF sont repassés positifs depuis juillet, après un premier semestre très négatif.
Le prix vient d’entrer par le haut dans la région où trois méthodes indépendantes se rejoignent, 7,2 % sous le sommet du cycle précédent, dans une configuration qui ne s’était produite qu’une fois, en 2022.
Ce qui manque, c’est la liquidité. Les stablecoins reculent, la rotation interne ne crée pas d’argent frais, et sans nouveaux capitaux un plancher peut durer longtemps avant de produire un cycle. C’est la raison pour laquelle on raisonne ici en zone d’accumulation étalée dans le temps plutôt qu’en recherche du point bas : la zone se délimite avec des faits, le calendrier ne se devine pas.
Tant que le cycle long n’a pas tourné, ce que le Maverick Signal mesurera au passage de son horizon mensuel hors de sa consolidation, la lecture reste celle d’un marché baissier arrivé dans sa zone d’accumulation.
Cette analyse est publiée à titre informatif et pédagogique. Elle ne constitue ni un conseil en investissement personnalisé, ni une recommandation d’achat ou de vente. Tout investissement comporte un risque de perte en capital, particulièrement élevé sur les crypto-actifs. Les états du Maverick Signal évoluent en continu : ceux cités ici sont relevés le 11 août 2026, comme les prix.